Des immigrants et immigrants originaires de différents pays africains ont discuté avec l’animatrice Elsie Miclisse des sujets qui sont tabous dans leur communauté respective, comme la santé mentale, la violence conjugale, l’homosexualité et la politique.
Gouled Hassan, originaire de la République de Djibouti, affirme que les problèmes de santé mentale sont non seulement tabous, mais mal compris dans plusieurs pays africains.
Il souligne que les personnes qui émigrent au Canada, certains Africains peuvent avoir de la difficulté à trouver du soutien. [Dans mon pays d’origine], toute la Communauté prend soin de l’un de l’autre. Tandis que quand nous arrivons au Canada, il y a cette question d’isolement.
Béatrice Bilema, de la République démocratique du Congo, remarque aussi que la santé mentale est un sujet tabou pour les Congolais installés à Sudbury. L’isolation fait que les gens ne peuvent pas parler à l’autre et les gens se trouvent seuls et ça complique la vie.
Mme Bilema affirme aussi que l’homosexualité n’était pas un concept qu’elle connaissait quand elle était dans son pays natal.
De son côté, Patricia Kana, du Cameroun, explique que beaucoup de personnes hésitent à parler de politique, par peur de représailles.
« Quand vous commencez à parler avec les parents, peut-être même quand je les appelle au téléphone, je leur demande comment ça se passe au pays en ce moment, ils ont peur parce qu’ils se disent « Oh peut-être qu’on nous écoute. » »
Pape Meissa Ndiaye, originaire du Sénégal, a quant à lui abordé la question de l’hygiène menstruelle. Selon lui, la majorité des filles et femmes sénégalaises ne connaissent pas les pratiques d’hygiène liées aux menstruations.
« C’est lié à plusieurs facteurs, les croyances socioculturelles, les croyances religieuses. »
Il dit que ça cause de l’absentéisme, car des élèves qui sont menstruées ne vont pas à l’école.
Enfin, Marie Kangah, de la Côte d’Ivoire, a parlé des relations interraciales. C’est vrai que la mentalité a évolué, mais il y a certaines familles qui restent encore opposées aux couples mixtes, parce qu’ils ont peur de perdre leur identité.